Marchés financiers : Bilan 2025 et perspectives 2026
L’année 2025 marquait le grand retour de Donald Trump à la Maison Blanche et si les marchés financiers et acteurs mondiaux s’attendaient à ce que cette année soit aux antipodes d’une balade de santé, on peut désormais affirmer que le cru 2025 s’apparentait effectivement davantage à un tour infini en grand huit. Entre tensions géopolitiques, guerre commerciale, politiques monétaires changeantes et volatilité des marchés, le moins que l’on puisse dire c’est que cette année a apporté son lot de surprises et de bouleversements.
Des tensions géopolitiques accrues
Dès janvier, le ton était donné. Alors que Donald Trump venait à peine de reposer ses valises à la Maison Blanche, ses intentions pour ce second mandat étaient déjà claires. Au programme : politiques protectionnistes, guerre tarifaire acharnée et prix Nobel de la Paix. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’aura pas chômé. Le point d’orgue de sa démesure ayant sans conteste eu lieu en avril avec son désormais célèbre « Liberation Day » au cours duquel, équipé de son tableau Velléda, Trump a annoncé une hausse brutale des droits de douane américains, aucun pays ou presque n’ayant été épargné. Cette annonce a déclenché une onde de choc sur les marchés, les principaux indices ayant corrigé jusqu’à -12 % en seulement quelques jours. Ces droits de douane réciproques pourraient d’ailleurs faire l’objet d’un détricotage de la part de la Cour Suprême dès janvier 2026, si elle les juge illégaux.
Si des trêves temporaires et des compromis bilatéraux ont permis aux marchés de rebondir, la guerre commerciale avec la Chine est restée au cœur des préoccupations une bonne partie de l’année, ponctuée tantôt d’accords fragiles tantôt de nouvelles menaces.
Ajoutons à cela le conflit israélo-iranien en juin, les tensions persistantes en Ukraine et, en fin d’année, le blocus américain contre le Venezuela… Force est de constater que l’actualité géopolitique a été particulièrement intense cette année.
Donald Trump a en outre été particulièrement actif sur le plan domestique. Parmi ses nombreuses frasques, comment ne pas mentionner le DOGE[1] , le grand plan du président pour réduire les dépenses publiques américaines via notamment le licenciement de centaines de milliers de personnes, ou encore ses vitupérations constantes à l’égard de la Réserve Fédérale Américaine, cherchant même à placer ses pions au sein de l’institution, faisant ainsi craindre pour l’indépendance de celle-ci. Son mandat a d’ailleurs également établi le nouveau record du plus long shutdown de l’histoire, détrônant l’ancien qui avait été réalisé au cours de son premier mandat.
Côté politique, la France n’a pas été en reste, et signe également un record pour la Ve République, qui a vu se succéder pas moins de quatre Premiers Ministres depuis 2022 ! Et tandis que les gouvernements se suivent et tentent de survivre, force est de constater que la fragmentation de celui-ci pèse sur sa capacité à trouver un accord budgétaire, renforçant l’instabilité politique dans laquelle l’Hexagone est englué depuis de nombreux mois. Les agences de notation Fitch et S&P ont d’ailleurs toutes les deux dégradé la note souveraine de la France. Notée AA- depuis avril 2023 et sous surveillance négative depuis octobre 2024, elle a officiellement été dégradée à A+. Fitch a motivé sa décision par l’instabilité politique persistante depuis la dissolution de l’Assemblée nationale l’an dernier, ainsi que par le blocage institutionnel qu’elle juge susceptible de se prolonger. A cela s’ajoute la faible probabilité de ramener le déficit sous le seuil des 3% du PIB d’ici 2029.
Des banques centrales toujours à la manoeuvre, mais en asynchronicité
Alors que le contexte économique européen faisait montre d’une belle résilience, permettant à la Banque Centrale Européenne (BCE) de normaliser sa politique monétaire et de réduire graduellement ses taux directeurs au cours du 1e semestre, la situation américaine a davantage suscité la méfiance et l’attentisme de la part des membres du FOMC, retardant les baisses attendues du côté de la Réserve Fédérale Américaine (FED).
Le mouvement de baisse des taux ainsi initialement engagé par la BCE l’année dernière s’est poursuivi cette année, l’institution opérant trois baisses de 25 points de base en janvier, mars et juin, portant ainsi le taux de dépôt à 2%. Après avoir réduit ses taux de 200 points de base en un an, la baisse amorcée en juin pourrait marquer la fin du cycle, ou tout du moins une pause, de la politique monétaire accommodante, la présidente de l’institution, Christine Lagarde, ayant estimé que la politique monétaire actuelle était bien positionnée compte tenu du contexte. La BCE a d’ailleurs revu sa copie concernant ses prévisions économiques pour la zone euro et anticipe une croissance du PIB supérieure à celle projetée en septembre dernier, tant pour 2026 que 2027, portée par des effets négatifs plus faibles qu’attendus.
De son côté, la FED a longtemps temporisé, attendant de constater quels seraient les effets des taxes douanières sur l’économie, avant d’amorcer à son tour en septembre, son cycle de baisse d’assouplissement monétaire, réduisant de 75 points de base ses taux directeurs sur le dernier trimestre de l’année. Outre les trois baisses consécutives, Jerome Powell a créé la surprise en annonçant la reprise de son quantitative easing.
A contre-courant de la majorité de ses homologues occidentaux, la Banque Centrale du Japon a relevé son taux directeur d’un demi-point cette année, le portant à 0,75%, un niveau que nous n’avions pas observé depuis près de 30 ans ! En normalisant progressivement sa politique monétaire, avec d’autres hausses attendues, la BoJ pourrait réduire l’avantage structurel du yen comme monnaie de financement, ce qui pourrait constituer un facteur de stress sur les stratégies de carry trade et donc la stabilité des flux internationaux. Les évolutions des taux et du yen resteront donc des indicateurs que les investisseurs continueront d’observer à la loupe au cours des prochains mois.
Une année boursière sous le signe de performances à deux chiffres
Malgré une année chaotique marquée par le manque de visibilité et l’incertitude, les marchés actions ont certes connu des périodes de forte volatilité mais les investisseurs ont une nouvelle fois démontré qu’ils étaient constructifs, profitant de chaque vent d’optimisme pour les faire progresser. Ainsi, l’ensemble des principales places mondiales s’inscrivent en hausse, les marchés américains fluctuant entre +11%[2] et +20%, l’Europe étant portée par les performances extraordinaires des marchés espagnol, grec et italien, évoluant entre +30% et +50%, tandis que le CAC 40 français, à son habitude, se classe dernier du peloton européen à « seulement » +10.4%. Le marché émergent clôture également sur une performance impressionnante, à +30.5%, porté notamment par la Chine dont le Hang Seng et le CSI 300 gagnent respectivement +27.5% et +22.9% %. Enfin, comment ne pas mentionner la hausse sensationnelle de l’or, l’once ayant progressé de 65%.
Nos orientations stratégiques pour 2026
Alors que les économies américaines et européennes résistent et que la désinflation se poursuit, les risques géopolitiques risquent de perdurer un certain moment, si ce n’est de s’amplifier. Dans ce contexte, la volatilité inhérente aux incertitudes pourrait une nouvelle fois être synonyme d’opportunisme même si la prudence restera une nouvelle fois de mise et la diversification plus que jamais essentielle. Concernant le marché obligataire, nous restons continuons de privilégier l’investissement sur fonds flexibles, capables de faire varier activement leur duration, leur sensibilité et de profiter du portage. Enfin, nous continuons de recommander l’usage de fonds de performance absolue, capables d’évoluer indépendamment des tendances des grands indices de marché.
[1] Department of Government Efficiency
[2] Toutes les performances données hors zone euro sont exprimées en dollar